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AFICS : Association de Femmes pour l'Information après Cancer du Sein

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Inhibiteurs de l'aromatase: les effets cardiovasculaires

Depuis très longtemps, on connait l’effet bénéfique physiologique des estrogènes au niveau cardiovasculaire. Cet effet a été mis en évidence par la constatation que les maladies cardiovasculaires sont fréquentes chez les femmes quelques années après la ménopause, cet effet protecteur des estrogènes disparaissant.

Cet effet a été constesté, ces dernières années, à tort :

-    Dans la WHI, étude américaine publiée en 2002, où il apparaissait que les traitements hormonaux de la ménopause augmentaient le risque cardio-vasculaire. Cette interprétation était fausse. L’explication était déjà connue en France à cette époque. Les THM pris par les femmes américaines, à cette époque là, n’avaient rien à voir avec les effets physiologiques des estrogènes. Ces différences ont été largement expliquées depuis.

-    Plus récemment, on constate des accidents cardiovasculaires graves chez des femmes jeunes. L’explication est que ces femmes ont adopté le même mode de vie que les hommes, elles sont victimes des mêmes effets nocifs du tabac, du stress professionnel, de la « malbouffe »  et que  leurs hormones ne les protègent pas. C’est vrai, mais cela signifie plutôt qu’on a trop longtemps minimisé l’effet nocif important du tabac chez l’homme (en accusant à tort ses hormones sexuelles), que les estrogènes n’annulent pas le même effet nocif du tabac chez la femme. On sait même aujourd’hui que les femmes sont plus sensibles aux produits toxiques comme le tabac et l’alcool. Les accidents cardiovasculaires chez les femmes après la ménopause, sont en augmentation, même chez celles qui n’ont jamais fumé, et même par rapport aux hommes. De la même façon les estrogènes du THM n’annulent pas tous les facteurs de risque cardio-vasculaires que sont l’HTA, le surpoids, le tabac Peut-on généraliser à toutes les femmes, les problèmes cardio-vasculaires spécifiques des femmes jeunes qui fument ? Pour les cardiologues, la ménopause constitue toujours un facteur de risque cardio-vasculaire.

A partir de cet effet bénéfique des estrogènes naturels, on pouvait s’attendre à un effet nocif des Inhibiteurs de l’aromatase  qui créent une carence profonde en estrogènes. Ces effets faisaient partie des effets attendus à moyen et long terme, annoncés au moment de l’autorisation de mise sur le marché en adjuvant. Certains médecins avaient anticipé cet effet. Ces effets apparaissent dans le résumé des caractéristiques du produit. Les laboratoires ont annoncé la possibilité d’une légère hypercholestérolémie.

Les effets des IA sont :

- une hypercholestérolémie : cet effet est variable et faible, une légère hypercholestérolémie isolée pendant 5 ans n’a jamais fait mourir personne, et les cardiologues ne la traite pas.

- on constate une diminution du HDL cholestérol, qui est le bon cholestérol, il est protecteur. Elle s’ajoute à la légère augmentation du cholestérol total. L’effet  est alors plus important, ses conséquences sont à apprécier en fonction des autres facteurs de risques cardio-vasculaires.

- des modifications des parois des artères, ces modifications sont sournoises, elles expliquent l’hypertension qu’on voit souvent apparaître après la ménopause

- une hypercoaguabilité, ce mécanisme augmente le risque de thrombose (caillot) et peut provoquer l’accident chez des femmes prédisposées (sur des artères sièges de rétrécissement par athérosclérose)

- de nombreuses femmes ont un syndrome inflammatoire, parfois visible  biologiquement. Cet effet, sans aucun doute, augmente le RCV. On sait que l’inflammation, même si elle n’a pas de traduction biologique, augmente le risque cardio-vasculaire.

L’ensemble de ces mécanismes augmente le risque d’athérosclérose chez toutes les femmes, ces effets sont proportionnés à la durée de prise des IA, ils peuvent provoquer l’accident par l’aggravation d’une situation antérieure à risque. Certains effets ne sont pas réversibles, lorsqu’une plaque d’athérome est constituée, elle ne disparait pas. Lorsqu’une artère est devenue rigide, responsable d’une hypertension artérielle, on ne voit pas comment l’arrêt des inhibiteurs de l’aromatase permettrait la guérison de l’HTA.

Ces effets ont été constatés par les laboratoires et figurent dans le RCP des médicaments. On pense même que tous les accidents cardio-vasculaires n’ont pas été comptabilisés dans les RCP des médicaments. Comment se fait il que les patientes n’en soient pas informées ni par le laboratoire (par la fiche qui figure dans la boîte du médicament), ni par les médecins ?

Les cancérologues expliquent l’absence de survie globale avec les IA, malgré la faible diminution du risque de récidive, par l’augmentation des décès de cause cardio-vasculaire.

L’agence du médicament américaine a exigé du laboratoire, qu’il signale cet effet sur les notices des boîtes de médicaments aux USA, à partir de 2008.

Les cancérologues prescrivent des prises de sang pour surveiller le taux de cholestérol, mais on sait que cet effet n’est pas le plus important. Il serait peut-être intéressant de faire des bilans plus sérieux, avant traitement pour évaluer le risque individuel.

LES EFFETS CARDIO VASCULAIRS SOUS INHIBITEURS DE L’AROAMATASE SONT MINIMISES
Tous les laboratoires ont signalé une augmentation du risque cardio-vasculaire sous Inhibiteur de l’aromatase, visible dans le RCP des médicaments. Seul le laboratoire Novartis signale l’augmentation du risque cardio-vasculaire sur la notice destinée aux patientes.

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